« Teasing de ouf », ou, Manifeste Rappistique

     Rythme et poésie, ces deux idées sont liées comme si elles furent créés l’une pour l’autre. De Hugo à Houellebecq, on a tous une vision personnelle de cet art de manier les mots mais aujourd’hui plus que le poète classique c’est le rappeur qui fait office de figure de proue de la maîtrise des mots. Pourtant, trop souvent quand je dis écouter, aimer et à ma petite échelle connaître le rap on me répond que le rap d’aujourd’hui c’est « sur Skyrock que ça se passe » parfois même « c Kaaris é B2OBA ».

J’ai eu ma première relation rappistique en découvrant Oxmo Puccino, pris de curiosité pour un style qui m’était inconnu j’ai cherché à connaître les classiques français et américains qui m’auraient permis de me faire une idée personnelle d’une culture aussi rejetée que méconnue. C’est ainsi que je fis mon entrée dans l’école du micro d’argent dans le but d’y apprendre les codes et les coutumes. Le charme d’un mot qui sonne parfaitement sur un rythme qui ne dégouline pas de sirop de Lalala, m’a tout de suite frappé les tympans et le cerveau. Mais la beauté du rap, du moins celle que j’y retrouve dans les bons morceaux, est une question de goût et je ne reprocherais à personne de ne pas y répondre de la même façon que moi. Pour autant si tu aimes le rap mais, que pour toi ce mouvement ne se retrouve que sur les ondes radiophoniques laisse-moi te dire que « J’te nique ta race » ne me donne pas l’impression de découler d’un style musical qui nous a servi « Si le rap excelle, le Jazz en est l’étincelle. » ou encore « L’ignorance c’est le nerf de la guerre. ».

Bien sûr, la violence et l’agressivité ont toujours fait parties intégrantes du rap qui a développé les battles. Mais le problème qui nous est contemporain c’est son omniprésence et surtout la surenchère. De plus, les médias présentent comme rap des morceaux qui n’en sont plus. On connaissait la soupe de la variété mais, désormais le hip-hop aussi est touché par ce phénomène de la recherche de l’audimat. Or quand la recette est bonne pourquoi en changer ? Avec cette idée de producteur, on se retrouve avec un rap qui livre un message et un modèle malsain et des morceaux qui se ressemblent comme si on récoltait les échos des autres pour créer son propre titre.

J’aimerais simplement que la vision des gens change un peu pour découvrir que le rap n’est pas que chamaillerie entre deux ou trois personnages trop imbus de leur personne, pas que faire la vitrine d’une richesse sans fond quand on rap la misère et la pauvreté, pas que de la critique sociale et politique sans arguments mais à défaut remplie d’insultes. J’aimerais que le monde de l’indé du rap français soit reconnu sans être dénaturé. Car il gagne, dans les deux sens, à être connu.
Tout cela pour te dire que le rap revient bientôt dans le Grateful Zine et que je sens que ça va être une bonne saison de rimes et de flow !

Ecrit par Geoffrey Marliac

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