NEW WAR – S/T

     Melbourne, une ville désabusée par tous ses excès ? Le genre d’endroit où, du crépuscule à l’aube, gambadent des corps sous éthanols à la recherche d’une ivresse comme échappatoire à l’ennui morbide des grandes métropoles ?

C’est l’impression qu’il en découle quand résonne New War, quatuor Asutralien (de Melbourne vous l’aurez compris) étiqueté post-punk. Signé sur ATP records, le groupe enregistre son premier album éponyme en 2012, avec Lindsay Gravina aux manettes (qui a produit Rowland S. Howard, rien que ça…). Paradoxe intéressant, New War a jugé bon de ne pas singer les pères spirituels de Melbourne, The Birthday Party.

0000736396_10Au travers de neuf titres, Chris Plugmire scande, hurle et crache sa démence sur les rythmes puissants et tribaux de Steve Masterson (Bird Blobs) accompagné par la basse vrombissante de Melissa Lock. L’originalité de New War réside dans les claviers de Jesse Sepherd (Sir). Ils retransmettent à merveille la rage et la folie mesurée qu’on retrouve dans les lignes de chants de Plugmire.

L’opener « Game of Love » est magistral. Le morceau monte en puissance, sculpté par une section rythmique jubilatoire, reflet parfait entre un rituel démoniaque et une danse hallucinée. Sepherd agresse le morceau de ces nappes torturées, le terme noise rock pour décrire son apport au groupe serait presque approprié. Le chant de Plugmire est clairement ce qu’il y a de plus jouissif ici : ses « Come to me and Come to me …! » dangereux et attrayant à la fois. Sa voix est emprunte d’une tension sexuelle aussi chaleureuse que schizophrène. L’affiliation avec Nick Cave est évidente. Sans s’imiter pour autant, les deux hommes partagent un charisme vocal bien rare. « Revealer » est le tube de l’album. Plus calme, il met en valeur l’aspect dansant de New War, les lignes de basses sont formidables et le groove derrière les fûts n’a rien à envier à Killing Joke. « Slim Dandy » expose déjà toute la folie et la haine qui anime New War. Heureusement, ils savent faire la part des choses et on se reposera sur un « Calling From The Inside » psychédélique et propice à quelques verres de whiskey sous des volutes de nicotines. Profitons bien de cette trêve puisque « Josef’s Hand » finit par tout achever. Ici, des mécaniques glaciales s’emparent de l’once d’humanité qui animais le groupe et Plugmire s’arrache les cordes vocales sur ce final post-apocalyptique des plus réussi.

New War s’apparente à une drogue dure. Un savant mélange d’ivresse, de danse, de folie et de haine. Faire l’apologie de la drogue c’est mal donc allez plutôt faire l’apologie de New War, la dépendance ne fait que trop tarder.

Ecrit par Armel Hopkins

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