Le Manuel du Parfait Petit Rambo

     Une écoute prolongée de cette bande originale est fortement conseillée pendant la lecture de cet article pseudo-ludopédagoqique.

 

« Si vous ressortez de chez moi, les louloutes, si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez une arme, vous deviendrez un prêtre de la mort implorant la guerre ! Mais en attendant ce moment-là, vous êtes du vomi, vous êtes le niveau 0 de la vie sur terre, vous n’êtes même pas humain, bande d’enfoirés ! Vous n’êtes que du branlomane végétatif, des paquets de merde d’amphibiens, de la chiasse ! Parce que je suis une peau de vache, vous me haïrez; mais plus vous me haïrez et mieux vous apprendrez ! Je suis vache mais je suis réglo ! Aucun sectarisme racial ici : je n’ai rien contre les négros, ritals, youpins ou métèques. Ici, vous n’êtes que des vrais connards et j’ai pour consigne de balancer toutes les couilles de loup qui n’ont pas la pointure pour servir ma chère unité ! Tas de punaises, est-ce que c’est clair ?! »

Nul doute que John Rambo a suivi à la lettre les précieuses instructions du Sergent Hartman pour survire à un tel parcours cinématographiquement belligérant. Dans sa grande bonté, il vient aujourd’hui vous prodiguer de bon conseils en retraçant son parcours et son évolution. De First Blood à John Rambo, voilà comment devenir le parfait soldat américain.

Rambo, tout jeune qu'il était.

Rambo, tout jeune qu’il était.

Rambo I :

Mettre toute son émotion et son talent d’acteur dans son rôle. S’y investir et y croire pour servir un scénario bien rodé et émouvant du début à la fin. Ne pas tomber dans la caricature du film d’action, ce qui délaisserait le fond. Raconter l’histoire d’un vétéran du Vietnam traumatisé par ce qu’il a pu vivre et qui se fait traiter comme un pestiféré une fois de retour dans son pays. Critiquer l’américanisme dans ce qu’il a de pire et de plus vicieux. Telle était la mission confiée à John Rambo dans ce premier opus d’une profondeur grandiose et d’une grande sincérité. Un seul mort, et ce n’était même pas de sa faute. Attention cependant, ne pas se pencher sur ce chef-d’oeuvre en version française, cela vous évitera un discours de fin complètement gâché par une envie profonde de rigoler devant le ridicule du doublage. Mais après tout, ce n’était pas sa guerre.

Rambo II :

John Rambo est en prison, sa seule chance d’en sortir est d’accepter de refoutre les pieds au ‘Nam pour aller y délivrer des compatriotes prisonniers des méchants communistes. On parlera plus ici de « cons patriotes ». Mais John ne perd pas de vu l’essentiel même s’il semble renouer peu à peu avec cette frénésie de la gâchette qui semblait le dégoutter dans le premier volet. Johnny reste tout de même très humain et attachant bien que sombrant dans le film d’action propagandiste à l’américaine. Il nous accroche à notre siège pendant de nombreuses scènes relativement palpitantes. Mais…Mais. Il manque quelque chose. John était bon dans sa mission, mais commence à glisser sur une pente trop bicepso-centré. Je lui faisais confiance pour rattraper le coup dans la suite de ses aventures.

Rambo III :

Voilà. Je ne pense sincèrement pas avoir à en dire plus. John a perdu la boule et se fout royalement de notre gueule tout le long du film. Johnny, pourquoi es-tu devenu une machine de guerre à grosse couilles qui ne cherche qu’à gagner l’oscar du nombre de balles tirées ? Rambo s’est perdu dans sa testostérone et dans sa haine des communistes (et de tout ce qui n’est pas vraiment américain en fait, disons le). Où est passé le John proche de la perfection du premier opus ? Il y est resté bloqué, tout simplement. En dépit de la bouse cinématographique qu’on nous a offert, on rigolera quand même tout du long. Parce qu’il a la punchline facile le Johhny. Un nanar qu’on croirait presque assumé si le propos nauséabond n’avait pas l’air aussi sérieux.

Un retour à l’honnêteté.

Un retour à l’honnêteté.

John Rambo :

Bien des années se sont écoulées depuis la dernière apparition de John. Il a compris qu’il nous avait déçu et veut nous prouver qu’il est capable de changer. Un film bien plus dur que les trois précédents. D’une violence cru et visuellement très dure, le fond est ici très désabusé et plus proche du premier. John est lassé de tirer sur des gens. Mais il le fait quand même quand c’est nécessaire, il ne faut pas non plus pousser Rambo dans les orties. Prenez la violence de Rambo III et exacerbez-la au service d’un scénario plus proche de Rambo I et vous aurez (à peu près) ce John Rambo. La recette fonctionne et j’ai pour ma part pardonné ces deux films d’errances dans lesquels Johnny a failli à sa mission. La scène de fin vous arrachera un soupir d’émotion sans le moindre souci, John est enfin en paix avec lui-même… (En plus il donne la réplique à Julie Benz que je n’avais pas revu depuis Dexter)

La quadrilogie aurait pu rester sans faute du début à la fin si les réalisateurs n’avaient pas voulu exercer une espèce de culte de la personnalité du personnage musclé de Rambo. Dès le premier quelques vannes portaient sur le sujet mais sans trop d’impact. Puis ils se sont exclusivement centrés sur cette facette de John qui n’était certainement pas la meilleure. Mais avec le dernier film de la quadrilogie, John semble vouloir se repentir et s’excuser auprès de nous pour ses deux missions ratées. Faute avouée à moitié pardonnée.

Ecrit par Baptiste Pierrard

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Une réflexion sur “Le Manuel du Parfait Petit Rambo

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