Le Jeu Vidéo Indépendant pour les Nuls

     Aujourd’hui un article un peu plus consistant à se mettre sous la dent qu’à l’habitude. Un bon gros cassoulet si vous préférez (ou un plat de lasagne, si vous n’aimez pas les flageolets). Le titre de ce dossier parle pour lui-même, mais voici tout de même les explications du pourquoi du comment. A l’heure ou le jeu vidéo et la culture vidéoludique sont aussi importants que le cinéma, il est important de glisser un petit mot (ou quelques pages) sur le nouveau visage de ce mouvement. Que ce soit en musique, dans le septième art ou dans le jeu vidéo, une scène underground existe et fait parler d’elle. Alors sans plus attendre, sus à l’indépendance !

At0mium et son Univers du Jeu Vidéo Indépendant, sur jeuxvidéo.com

At0mium et son Univers du Jeu Vidéo Indépendant, sur jeuxvidéo.com

Pour remettre les pendules à l’heure, les points sur les I, rendre à César ce qui appartient à César, un rapide petit rappel sur les différents mondes existants dans cette vaste industrie :

-Les Blockbusters: on ne va pas s’attarder dessus, vous voyez bien de quoi je parle. Les 45 Call of Duty, les 60 Mario et les 125 Fifa. Bref.

-Les autres: tous ces jeux qui sortent grâce à des éditeurs, sans pour autant être des Blockbusters. Ce ne sont pas des indépendants non plus. Rage, édité par Bethesda par exemple.

-Le Rétrogaming: parce que, comme tout, le jeu vidéo vieillit. Le Retrogaming, ce sont tous ces vieux jeux et vieilles consoles qui ont bâtis les fondations du vidéoludisme que l’on connait aujourd’hui.

Et parmi ces jeux, certains ont des fonctions différentes et variées ! Un autre rappel sur ce qu’un jeu vidéo peut avoir comme fonction :

-L’E-sport: quand la compétition fait rage dans ton PC (si tu lis cet article sur Mac, je t’aime bien quand même). League of Legend et StarCraft 2 illustrent bien la chose. En gros, des mecs qui se mettent sur la tronche par pc interposés pour monter en grade au fil des mois. L’inconvénient avec l’E-Sport c’est sûrement le degré d’investissement qu’il demande.

-Le MMO: quand tu joues en ligne avec des centaines d’autres joueurs, avec généralement ton personnage à faire évoluer au fur et à mesure. World Of Warcraft reste le plus emblématique. Même problème que pour l’E-Sport, l’investissement demandé. En fait, dès que tu dois jouer avec d’autres personnes ça demande plus de temps. D’où le troisième point.

-La misanthropie: quand tu es comme moi et que tu n’aimes pas qu’on te fasse chier quand tu joues à ton jeu. Si le jeu vidéo te plonge dans un autre univers, il vaut parfois mieux le savourer seul dans sa chambre, manette en main (ou souris). Dishonored ou Deux Ex Human Revolution sont parfaits pour cela.

-Le Versus: quand ton pote vient chez toi et que tu lui mets une branlée sur Street Fighter. Je ne pense pas pouvoir mieux synthétiser. Ah si, parfois c’est toi qui te fait fracasser. Mais pas trop souvent.

Après cette brève mise au point, normalement les choses sont claires dans ton/votre esprit. Sinon… Bref, il est temps d’attaquer le plus gros pan à l’heure actuelle de ce qu’on appelle le jeu vidéo.

I/ Qu’est ce qu’un jeu vidéo indépendant ?

a) Définition de l’indépendance

     Un jeu vidéo indépendant, en une phrase, serait un jeu vidéo fait avec amour, et avec les tripes. Mais c’est tout de même plus compliqué que cela. Parce qu’à cette phrase vous répondrez que « Des gros jeux sont faits de cette façon ». Pas vraiment, dans le sens où les histoires de gros sous, de limite de date de sortie, ou encore de contraintes artistiques viennent y mettre des bâtons dans les tripes.

Pour rentrer dans les détails, tout dépend de ce qu’on appelle indépendance. Pour certains, il s’agit d’un point de vue financier. Pour qu’un jeu soit considéré comme

Le Lotus de Minefield, plus gros serveur français sur Minecraft

Le Lotus de Minefield, plus gros serveur français sur Minecraft

indépendant, il faudrait donc qu’il soit réalisé par une petite équipe sans la moindre aide de la part d’un éditeur.

Pour d’autres, il s’agit d’une indépendance créative: un blockbuster dont les développeurs seraient libres de toute création serait indépendant, à leur sens.

La définition que l’on retiendra et qui semble la plus évidente, est celle de l’indépendance financière. De toute façon, la première inclue forcément la deuxième. Par exemple, le jeu vidéo indé qui aura marqué les esprits récemment (pas trop récent non plus), vous le connaissez tous, c’est Minecraft !

Même un stupide jeu flash (sur internet) où tu dois coller des points dans la gueule d’un ours en peluche pour te défouler, est en un sens, indépendant.

b) Les sources de financements

     Je vous sens déjà émettre un petit bémol: sans éditeurs, comment produire un jeu ? Et bien ce n’est pas une difficulté insurmontable, preuve en est du florilège de jeux indés à sortir ! Les moyens sont multiples, mais celui qui ressort de plus en plus aujourd’hui est celui du crowfunding.

Dans son article sur VGHS, Thibaut vous expliquait ce qu’est cette pratique, je vais la redéfinir ici: Le crowfunding, c’est l’appel aux dons des internautes pour financer un projet qui leur a été présenté au préalable. Et ça marche, il suffit de regarder Broken Age, Point’n click Indé qui a récolté trois millions de dollars sur une demande de base de 400 000$ !

En dehors de cela, il existe toujours les manières plus classiques, comme piocher dans ses fonds personnels ou encore faire des prêts. Mais le pari est alors plus risqué.

On parle aussi du « Fonds d’aide au jeu vidéo » (FAJV), créé par le ministère du redressement productif. Ce projet a pour but d’aider les entreprises vidéoludiques, de leur création au développement d’un jeu. L’intention est louable, mais je ne sais pas vraiment si l’on peut encore parler d’indépendance.

c) Ou trouver de l’indépendant ?

     Pour cela, il faut généralement posséder l’internet. Puisque que la plupart de l’indé se trouve sous format dématérialisé, sur diverses plateformes, toutes plus connues les unes que les autres. On citera, Steam, l’Xbox Live Arcade, le Playstation Network… Certains jeux ont cependant le droit à leur édition collector en version physique !

Comment repérer un jeu indépendant ? C’est tout con, dans la description du jeu, ce sera précisé à coup sûr. Parce que l’indépendant à le vent en poupe et est à la mode, quand on est indépendant on aime le dire, à raison d’ailleurs. C’est là qu’il faut se référer à la définition de l’indépendance, car certains se disent de cette veine pour vendre, alors que des éditeurs se cachent derrière.

Humble Bundle, où comment trouver de l'indé pour le prix que vous souhaitez !

Humble Bundle, où comment trouver de l’indé pour le prix que vous souhaitez !

Le système Greenlight de steam permet aux éditeurs de soumettre leurs jeux aux membres pour qu’ils arrivent sur Steam. J’avais entendu dire que suite à l’abondance de fake project qui ont pu arriver sur Steam, Valve mettrait fin au système, mais la fournée de jeux de février a vue le jour. Sale histoire à suivre de près !

Point très important sur la distribution, le rôle des bundle ! Un bundle, c’est un pack rassemblant (dans notre cas) plusieurs jeux vidéos que l’on peut acquérir à prix libre. Il ne faut pas hésiter à aller jeter un coup d’oeil très régulièrement sur ces sites, les bundles changent souvent !

https://www.humblebundle.com/weekly

http://www.indieroyale.com/

II/ Pourquoi choisir l’Indé ?

     Pour tout un tas de raisons. (Plutôt que de faire des a) b) c), on va faire un listing. Aujourd’hui j’aime bien les listings). En voici les principales :

-C’est un retour aux sources. Dans tous les sens du terme, beaucoup de jeux indés puisent dans les racines de cet art pour en ressortir le meilleur, le tout embaumé d’un doux parfum de modernité. Et ça, c’est beau. On retrouve beaucoup de jeux au style 8 ou 16 bits, mais sans la rigidité du gameplay de l’époque. Le scoring fait également son grand retour. (Pour toi qui ne suit pas dans le fond, le scoring c’est quand tu tires sur des trucs ou que tu tapes des machins et que ça fait des points. Le scoring, c’est le concours de celui qui en aura le plus).

Artistiquement, on y trouve de vrais perles. Personne sur leur dos, les mecs se font plaisirs et ça se sent, on se retrouve avec des jeux d’une beauté absolument extraordinaire, au bord de la poésie. Limbo illustre parfaitement la chose avec un univers absolument unique qui vous marquera un bon moment.

Le prix. Et oui, parce que généralement, l’indé, ce n’est vraiment pas chère ! Bien sûr on retrouve encore des titres à prix « basique », mais grâce aux bundles, aux promos sur Steam, tu peux t’en tirer avec un jeu qui te tiendra un petit bout de temps pour une poignée d’euros.

La diversité. Le jeu vidéo indépendant, rassemble le meilleur comme le pire de son art. On peut donc y trouver absolument tout et n’importe quoi. Pour celui qui aime fouiller, de longues nuits blanches l’attendent sur des jeux plus géniaux ou stupides les uns que les autres.

Pour emmerder les éditeurs. Enfin pas vraiment, mais un peu quand même. Si on s’y mettait tous, on les ferait peut-être réfléchir un peu et on ne se taperait pas un 46ème Call of duty.

Pour soutenir les petits studios. Manger indé, c’est soutenir l’entreprenariat. Donc si tu veux que le monde sorte de la crise, arrête d’aller acheter ton Battlefield annuel et joue à Shank, c’est encore plus violent si c’est ce que tu cherches.

Tu es encore là ? C’est bien tu es presque au bout de ton initiation (tu me remercieras quand tu auras joué à The Binding of Isaac).

CONCLUSION

     (J’ai l’impression très frustrante d’avoir oublié plein de choses)

Si tu n’es pas encore convaincu que le jeu vidéo indépendant, c’est mieux que Mac Donald, je laisse le soin à d’autres de te convaincre. Et certains le feront très bien, je pense notamment à At0mium et Mr Deriv, au Sad Panda et bien d’autres encore.

On notera d’ailleurs que de plus en plus d’initiatives sont prises pour promouvoir ce mouvement. Les gentils petits personnages cités au-dessus y contribuent d’ailleurs ! Le Sad Panda, dans son Lundi Indé hebdomadaire présente un ou deux jeux vidéos indépendants (le côté bizarre parfois) !

)

At0mium a même sa chronique sur L’Univers du Jeu Vidéo Indépendant sur jeuvidéo.com ! Et oui quand même ! En dehors de cela il a monté son site internet avec Mr Deriv, apportant tous les jours du contenu, IndieMag, que vous allez ajouter sans plus attendre à vos favoris à côté du Grateful Zine. De l’actualité, beaucoup de tests, bref, un site absolument incontournable quand on s’intéresse un minimum à ce vaste monde.

http://www.indiemag.fr/

Je sais aussi que des salons à l’image de l’E3 existent, mais version indé, je ne m’aventurerais cependant pas sur un sujet que je ne maîtrise pas assez, une fois de plus Indie Mag aura la réponse !

Pour ceux que j’aurai réussi à intéresser quelque peu, un film a même été réalisé sur le sujet : Indie Game : The Movie. Un must see pour les amateurs !

Mais pour conclure, j’aimerais dire que le jeu vidéo indépendant est également un état d’esprit. En contradiction avec l’industrie actuelle qui nous ressert les mêmes jeux tous les ans, à la même sauce, avec deux pixels de plus. Arrivé à un stade, on a joué à tellement de choses que pour réussir à se faire surprendre, il faut chercher ailleurs. Et en plongeant dans l’indé, on y trouve plus qu’on en aurait jamais espéré.

(Cadeau, vous y trouverez pleins de trucs marrants : http://getindiegames.tumblr.com/ )

Ecrit par Baptiste Pierrard

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