Laibach – Spectre

Ce n’est pas sans une certaine appréhension que je vais ici aborder ce « Spectre », nouvel album de groupe mythique Laibach. Un groupe parfois acclamé, parfois déclamé et bien souvent accusé à tord. Mais je ne pouvais pas me permettre de rater une sortie pareille. Alors, mesdames, messieurs, prenez place, admirer le spectacle: voici Laibach.

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Le Spectre de Laibach.

Replaçons déjà le contexte. Laibach n’est pas un groupe parmi tant d’autres, l’identité culturelle, musicale et politique de ces slovènes se forgent depuis déjà 34 ans. Rien que ça. Étant donné leur palmarès, prendre leur album et le décortiquer… Il n’y a pas vraiment d’intérêt, tant le groupe en a sortis. Mais rappelons ce qui a toujours fait la force (pour certains la faiblesse, mais eux on les emmerde) du groupe, c’est sa capacité absolument phénoménale à se réinventer au fil des années. Prendre des risques, Laibach sait le faire. Et ce Spectre le démontre une fois de plus avec ce petit quelque chose de plus.

Un petit quelque chose qui force le respect. Parce que changer sa musique, c’est une chose. Mais repousser les limites et la transcender, s’en est une autre. Le groupe a tenté le pari avec chaque album. Rappelez vous de Volk, sorti en 2006 ! Un album concept qui reprenait des hymnes de pays ! Imaginez un peu le culot et le coup de maître réalisé à cet instant là ! Et bien Spectre reste dans la transcendance, en puisant dans le meilleur de Laibach, d’Opus Dei en passant par Kapital, Wat où même Volk.

Spectre, c’est cette synthèse parfaite de ce qui séduit ou repousse chez le groupe. Vous aurez sûrement remarqué que depuis le début de cette chronique, les antithèses sont plutôt nombreuses. Oui, parce que Laibach est une contradiction. Laibach unit, Laibach divise. Mais Laibach en rit, et c’est magistral. Spectre, je disais donc, ne se contente pas non plus de synthétiser, il pousse le vice plus loin en y ajoutant une identité sonore (il est temps de parler un peu musique, quand même). Je ne vais pas m’amuser à catégoriser la musique des slovènes, on en aurait pour la nuit. S’il fallait vraiment y coller des termes techniques: noise/martial/electro/indus/dark ambiant…Laibach.

On ne peut pas en dire plus. Laibach, ça s’écoute, ça s’apprécie où ça se hait, mais ça ne se classe pas. Et c’est sans aucun doute pour cela que le groupe traverse les ages depuis quelque temps déjà. Personne ne fait du Laibach, point final. C’est aussi de la poésie ! Attardez-vous sur le premier titre, véritable chant martial et vous y verrez leurs lettres de noblesses : From North and South / We come from East and West / Breathing as one / Living in fame / Or dying in flame.

Milan Fras et son équipe.

Milan Fras et son équipe.

Mais ce n’est pas tout (il y a toujours des choses à dire), en plus d’y prêter l’oreille, mettez votre cerveau en route et vous y verrez un manifeste politique musical. Car c’est bien connu, le groupe à ses idées et les clament haut et fort. La version « extended » de l’album comporte également quatre chansons bonus dont une reprise de… « Love on the beat » de Gainsbourg. Cette chronique ne pourra pas s’éterniser sans quoi je vais finir par m’enflammer. Mais « Love on the beat »… Quand même !

Spectre, c’est une poignée de main, une claque sur le haut de la tête, une invitation, un rejet, de l’amour, de la violence, de la passion. Ce n’est rien de tout cela et tout cela à la fois. Spectre, c’est Laibach.

Ecrit par Baptiste Pierrard

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