IAM, une interview en argent….

     Vendredi prochain le collectif IAM livrera un concert au Liberté dans notre belle ville de Rennes. A cette occasion, on a pu parler avec Shurik’n, figure emblématique du groupe marseillais. On y parle de la sois-disant fin de leur aventure, du monde du rap à l’heure actuelle, des médias et même de Maître Gims…

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Votre premier album « De la planète Mars » sorti en 91 commence par des points de suspensions, tout comme votre dernier album éponyme sorti en 2013. Le premier annonçait de grandes choses, le dernier la fin d’une histoire. La boucle est bouclée ou bien ces points de suspensions peuvent être interprété comme un « A bientôt » ?

A bientôt oui ! Il y a eu une mésinterprétation vis à vis de nos propos à nous ! On ne sait pas sous quel format sortiront les prochains albums. Pour des raisons logistiques, parce qu’il y a plein de facteurs dans la sortie d’un album et ça les gens ne le savent pas. IAM c’est une structure, une équipe qui est lourde à porter, ce n’est pas que 6 personnes, ce sont des déplacements… Ne serait-ce que 15 jours de promos à Paris dans un hôtel à circuler en taxi. On a déjà tenté l’expérience en indé, ce sont d’autres moyens. Malheureusement, à une époque où l’air est à l’emballage et pas au contenu, les gens ne comprendraient pas la baisse de moyen. Acheter de la pub ça demande un budget que les maisons de disques ont, mais pas les indés. Pour beaucoup de gens si on ne te voit pas à la télé, tu n’es pas là. C’est l’époque qui veut ça !

Mais vous avez déjà la notoriété qui pourrait quelque part vous dispenser de pub.

On l’a tous fait en solo ! AKH, Imhotep et moi le dernier. La réaction des gens n’a rien à voir. Les gens qui écoutent IAM ne sont pas forcément au courant de tous nos projets persos. Par manque d’exposition et de moyen. Pas de structure assez lourde pour supporter toute la logistique de déplacement en promo etc. Pour avoir tous tenté l’aventure en indé avec nos maisons et nos burnes, on sait très bien les répercussions que ça peut avoir donc on ne sait pas si on va retenter l’aventure en groupe, sachant qu’on aura deux fois plus de mal à communiquer. Déjà que là en bénéficiant d’une grosse structure on a du mal à communiquer parce qu’on a aucun airplay. Les concerts et les clips font énormément le travail. En indé aujourd’hui, je ne sais même pas si les gens seraient au courant que l’album est sorti.

Il y aurait toujours les moyens de communications comme Facebook, mais avec une moindre portée.

Oui, c’est ce qu’on a pu observer en indé. Même si sur le long terme on s’en est bien sorti, ce n’est quand même pas la même chose. Et ce qu’il faut savoir, c’est qu’à un certain moment en indé, on fait tout sauf de la musique. Et ça est-ce que c’est ce qu’on a envie de réitérer… Pour en parler si bien, c’est qu’on a tous déjà fait l’expérience.

Mais plus « à bientôt » quand même ?

De toute façon oui, là on repart sur la route puisqu’on a sorti deux albums en un an. On a beaucoup de dates à honorer, dont quelques-unes assez importante. Donc on repart sur la route et il y a encore beaucoup de choses à venir !

En parlant de dates, vous jouez à Rennes le 14 février prochain, des souvenirs dans cette ville ?

On y est venu et les concerts ont toujours été très bons ! Je ne pourrai pas donner de dates parce que je suis très mauvais là-dessus mais oui j’ai souvenir qu’on y est beaucoup allé ! Je ne sais plus pour quelle raison, mais il y a une période où on n’est plus allé, mais ce sont beaucoup de bons souvenirs ! Pour « Ombre est lumière »… je m’en rappelle ! On a toujours un bon public, on peut le voir en festival ! Le public breton, c’est la guerre, c’est ce qu’on aime !

Dans une interview donnée à Rachid Santaki en décembre 2012, Akhénaton a déclaré que: « Même nous les Blancs dans le rap, aux yeux du grand public, on est des Noirs. Tu es un méchant gangster noir, délinquant, multirécidiviste et islamiste de banlieue, armé de kalachnikovs. »

Ne pensez-vous pas que cette vision du rap est de plus en plus contestable grâce à la grande popularité de rappeurs comme les Casseurs Flowteur, 1995 ou encore Hippocampe fou qui s’éloignent complètement de ces images ?

Oui, le contrepoids commence, mais hélas il n’a pas encore la médiatisation qu’a l’autre penchant. Il n’y a qu’à allumer la télé pour regarder et malheureusement ce n’est pas le rap là qui a suffisamment de force pour faire contrepoids.

Il n’a pas autant d’impact sur les médias de base comme la télé, mais sur internet ça monte énormément !

Exactement et ce sont des groupes que l’on croise énormément sur scène ! Ce sont des groupes de scènes et je pense qu’au bout d’un moment il y aura une sorte d’équilibre qui se rétablira pour qu’il n’y ait pas un rap, mais des raps.

En tant que pionniers du rap français, prenez-vous parfois le temps de regarder ce qui se fait dans le rap actuel, que ce soit commercial ou indépendant ?

Bien sûr ! On n’a jamais caché notre attachement profond au rap Amériacin, au rap New Yorkais. On continue énormément à se tenir au courant de ce qui sort et il y a de très bonnes choses ! Ce n’est pas une question de période. Le rap mainstream des années 90 est devenu le rap underground aujourd’hui. Et ce qui était underground à l’époque est beaucoup plus exposé aujourd’hui. C’est le retour à une certaine écriture, de choix de thèmes et de productions !

Quand on interview des rappeurs et qu’on leur demande d’où ils viennent, beaucoup répondent, IAM. Mais d’où vient IAM ?

De Rakim. On a eu l’immense honneur de l’avoir en guest sur scène pendant le concert à Central Park ! Sur Youtube des vidéos sont présentes, et le voir arriver sur scène nous a vachement ému. Le plaisir de faire les back de Rakim sur des morceaux qu’on connaissait plus que par coeur. C’était vraiment un des grands moments de notre carrière. Eric B et Rakim, mais au niveau du rap Rakim.

Extrait de votre dernier album, le titre « Et si j’avais 20 ans ». Et maintenant, si vous aviez 20 ans, vous lanceriez vous dans l’aventure en sachant désormais tout ce qu’elle implique ?

Bien sûr ! Le fait de voyager, d’avoir cette proximité d’un pays à l’autre. L’autre n’est plus si loin finalement et on y a pleins de connections à travers la musique. On a eu une vision du rap plutôt mondiale et pas seulement hexagonale !

Si vous aviez un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait, aujourd’hui, se lancer dans le rap ?

Persévérer, trouver son créneau, se démarquer. Pas à tout prix, mais se démarquer, faire son rap !

« Le hip hop est la principale culture des 20 dernières années ». Le rap, mouvement de la culture hip hop touche un très grand public, notamment beaucoup de jeunes. Quand dans ses chansons, Maître Gims tiens des propos clairement homophobes, qu’aimeriez-vous dire aux enfants qui les entendent ?

C’est surtout aux parents ou aux frères et soeur des enfants qui les entendent qui devraient leur apprendre à prendre de la distance par rapport à certains propos, que tout n’est pas forcément bon. Mais je pense qu’en grandissant ils se feront leur idée des choses et se détacheront de ce qui ne correspond pas à leur principe et à leur vision de la vie !

Pour conclure, un petit message à faire passer ? Faites-vous plaisir !

Le rap toujours vivant, on se retrouve à Rennes, soyez prêts et amenez les serviettes ça va être cardio !

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Propos recueillis par Baptiste Pierrard

Enregistrement par Geoffrey Marliac

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