Lucio Bukowski – De la survie des fauves en terre moderne

Lucio Bukowski… S’attaquer à son nouvel Ep n’était pas une chose facile mais on l’a fait pour vous. Vous trouverez ici plus qu’un point de vue mais une tentative d’explication de texte. Après tout pour certains le bac arrive, alors c’est parti, disséquer du Lucio est un bon entrainement ! Rappelons également qu’il fait partis du collectif d’Oster Lapwass, l’Animalerie.

1458547_710721882290070_1913518659_n

De la survie des fauves en terre moderne. Le titre de l’Ep s’impose de lui même, on se retrouve véritablement en face d’une dissertation mais aux couleurs du rap. Depuis « Demain sera », Lucio n’a plus besoin de prouver qu’il sait parler, écrire et maîtrise son flow. Il use donc ici de tout son talent sans trop l’enrober d’artifices pour nous délivrer efficacement son message.

Tcheep, à la production, entame l’Ep avec une instru emprunte d’une certaine nostalgie. C’était mieux avant? En tout cas l’entrée en matière permet à l’auditeur de se poser et de respirer un bon coup avant la dose d’information qu’il va devoir ingurgiter sur les pistes suivantes.

Vient ensuite « Bilboquet », où Lucio commence à cracher son blues. Tcheep met son talent au service des paroles avec une instru lugubre à souhait. Dans son intégralité la piste nous donne l’impression d’un monde cloisonné où la liberté n’est qu’une simple illusion. Lucio rejette également les pensées pré-mâchées et plus globalement la société dans laquelle il vit. Il fait alors figure de misanthrope se réfugiant dans l’écriture quand il clame que « ma plume et moi régnons sur le fond d’un troquet ».

« De la survie des fauves en terre moderne ». Le morceau qui aura donné son nom à l’Ep. Lucio nous raconte ici une histoire, l’histoire d’un homme qui regrette une certaine époque. L’histoire d’un homme qui ne sent pas à sa place dans ce monde. Mais surtout l’histoire d’un homme qui compte énormément sur ses amis, sur son Animalerie. Il clame ici son désaccord en usant et abusant du mot « Putain ». Lucio est énervé, on le sent. A noter qu’il aime toujours autant Orwel, faisant cette fois-ci une référence à La Ferme Des Animaux, après 1984 dans « Feu Grégeois ».

On enchaîne aussitôt avec « Impopulaire ». Sans doute le titre le plus énervé de l’Ep. Cette fois Lucio hurle pour son indépendance et rejette le milieu du rap actuel: industrie, majors et compagnie. Mais impopulaire car à force de rejeter le monde on s’en fait également exclure… Encore une fois il se veut par contre de l’Animalerie, seuls contre tous. Enfin, il affirme l’identité de son art: « je fais pas de rap mais de la littérature ». La complicité avec Tcheep est ici remarquable, ce dernier contenant la rage de Lucio à coup de synthé sur la fin du morceaux.

Tcheep nous accorde là un peu de répit avec « Tcheep’s groove », nouvelle production sans le rap de Lucio. Il était temps de respirer un peu avant de se lancer sur les deux dernières pistes qui n’en sont pas des moindres.

On passe alors à « Eternel printemps » qui est pour moi le morceau le plus poétique. Tcheep nous plonge dans la mélancolie avec une instru nous rappelant les mornes soirées pluvieuses. C’était le but. Lucio nous parle alors de changement. Comme si le monde changeait mais que les choses stagnaient en même temps. Un morceau très emprunt de désillusion, qui reflète une certaine impuissance, nous nous avouons vaincus d’avance. Pour compenser, nous noyons nos problèmes dans l’alcool tous les jeudis soirs. N’est-ce pas le vice de notre jeunesse ? On a également un gros rejet des stéréotypes: « de méchants islamistes de gentils laïcards ». Enfin, les dernières phrases concluent en nous expliquant que tout n’est qu’une simple illusion. On l’a connu plus joyeux notre Lucio !

Enfin, il termine son superbe Ep avec « Obsolescence programmé ». J’ai eu alors l’impression de me retrouver face une version Bukowskienne de « Suicide social » d’Orelsan. Même si la comparaison n’est ici pas facile, Lucio donne vraiment l’impression d’être au fond du gouffre, ce que Tcheep accentue avec une instru des plus pesante. Complètement désillusionné il s’interroge sur l’avenir de façon très pessimiste: « l’évolution, c’est passer de Socrate à BHL ». Le comble réside dans une phrase lourde de sens: « T’ignores qui est Spinoza tu écoutes Maître Gims »… Tout est dit. Cependant lorsque Lucio quitte le mic pour laisser l’instru poursuivre Tcheep repart sur des notes plus positives. Resterait-il de l’espoir ?

Introduction, développement, il ne manque qu’une conclusion et on aura une copie type du bac, merci Monsieur Bukowski ! L’Ep qui vient de nous passer dans les oreilles est dur, sombre et très axé sur la perte d’espoir de la part de son auteur, seul avec son animalerie après avoir rejeté le monde qui l’entoure. Lucio aura également revêtu son armure pour partir en croisade contre l’obscurantisme avec la grande complicité de Tcheep. Après tout, guerroyer contre l’ignorance, n’est-ce pas le propre du philosophe ?

http://luciobukowski2.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/pages/Lucio-Bukowski/218408824854714?fref=ts

1013109_642227912472801_1444497146_n

 Ecrit par Baptiste Pierrard

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s