Street Art : pas très légal, et encore moins durable…

     Premier article sur le street art… Aïe ! Mais bon, faut bien un commencement pas vrai ? Alors soyez indulgent, je vous en conjure ! Je joue ma carrière dans le Grateful Zine là ! Non pas que je sois correctement rémunéré mais j’ai des bouches à nourrir, un emprunt de 5% à rembourser… Bref, mon business à entretenir.

     Aujourd’hui, demain ou la semaine prochaine, ‘fin on s’en fout puisque l’on est sur internet. Je vais vous parler de l’aspect illégal et éphémère du graffiti, ce « vandalisme » qui déplait tant à nos services publics. En effet, le street art n’est pas considéré par tout le monde comme un enrichissement urbain, loin de là même. Caractérisé par beaucoup « d’interventions sauvages », « de vandalisme », « de dégradations de l’espace public »… Vous vous doutez bien que le graffiti est illégal dans la mesure où le propriétaire du support n’a pas donné son autorisation. Mais bon, ce n’est qu’un détail technique.

Dran, Toulouse

Dran, Toulouse

     À ses débuts, le street art, encore très peu connu, a bénéficié d’un effet de surprise : personne n’a immédiatement cherché à s’y opposer. La lenteur des institutions lui a permis de s’épanouir suffisamment pour connaître sa fulgurante montée que l’on connaît aujourd’hui.

     C’est à New-York que s’est joué la première bataille contre les graffitis et plus précisément entre la Metropolitan Transportation Authority et les writers locaux. La MTA décide à l’époque de ne plus laisser sortir un seul métro tagué et s’engage alors une épreuve de force avec le milieu du graffiti new-yorkais.

MTA

MTA

     À New-York, mais comme dans beaucoup d’autres villes, le street art est sévèrement réprimé. Celle-ci a même créée une unité spécialisée afin de faire disparaître ces « affreuses dégradations » : l’Anti-Graffiti Task Force. Du côté privé, un véritable business grandit autour des différents traitements anti-graffiti. Des sociétés comme Herbol fondent leurs arguments de vente sur « la pollution visuelle », engendrée par le street art. Apparemment, nous ne sommes pas d’accord sur ce point.

     Bref, vous comprenez maintenant l’essence éphémère de cet art. Beaucoup d’artistes en font les frais en agissant dans l’illégalité et peu importe leur notoriété. Notamment, l’artiste pochoiriste Miss.Tic, condamnée en 2000 à 4 500 € d’amende pour détérioration d’un bien. Depuis, elle réalise ses pochoirs légalement…

Destruction de l'oeuvre de Os Gêmeos réalisée pour l'exposition sur le street art au Tate Modern, Londre, 2008

Destruction de l’oeuvre de Os Gêmeos réalisée pour l’exposition sur le street art au Tate Modern, Londre, 2008

     L’esprit éphémère de cet art entretenu par son support permet aux esprits malveillants de dégrader collages, pochoirs ou graffitis. Heureusement, depuis un certain temps, des archives sont constituées et figent ses œuvres spontanées ou non. Beaucoup de blogs voient le jour, regroupant des archives photographiques et autres. À Rennes, le site expotempo.blogspot.fr joue le rôle de « protecteur » de cette culture urbaine avec un archivage très méthodique des différentes œuvres du coin. Mais il n’est pas le seul. Si tant d’ouvrages sur cette forme d’art sont nés, c’est grâce aux précurseurs comme Jack Stewart et Henry Chalfant, mais surtout Jon Naar, le premier a sérieusement documenter le sujet dès 1973. Véritable moteur, c’est le caractère éphémère des réalisations qui aura poussé à l’inventaire de tous ces « chefs-d’oeuvre » passés ou actuels. Alors ouvrez les yeux et restez à l’affût !

Photographie de Jon Naar, New-York, 1970

Photographie de Jon Naar, New-York, 1970

Ecrit par Paul Le Guen

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