Rencontre avec Erwan Roux (Monsieur Roux) !

     On a eu la chance de parler quelque peu avec quelqu’un que vous connaissez-tous (mais si !). Connu pour son titre « Petit Rasta », Erwan Roux a toujours la forme et nous parle ici de ses projets et de pleins d’autres trucs très intéressants (vraiment !) !

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Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Et bien non, en vrai, je ne peux pas me présenter en quelques mots. Et d’ailleurs je suis sûr que personne ne le peut. Mais bon, je suis un garçon bien élevé. Je m’appelle Erwan Roux et je chante sous le nom de Monsieur Roux depuis bientôt 10 ans. Mais je suis aussi un groupe où plutôt un collectif d’individus puisque je joue avec les mêmes musiciens depuis le début. Je fais des chansons en français parfois drôles, parfois tristes. Parfois les 2… Parfois on ne sait pas vraiment.

Vous êtes donc dans la « chanson française », si l’on peut dire ça comme ça car c’est un monde vaste. Le seul groupe auquel j’arrive à vous apparenter serait les Zoufris Maracas. En avez-vous déjà entendu parler ?

Oui, nous avons joué 2 fois avec eux mais je ne connais pas plus que ça. A part ça, j’ai beaucoup écouté Renaud étant petit et toujours maintenant d’ailleurs. Des chanteurs comme ça manquent vraiment de nos jours. Aujourd’hui, j’assume tout à faire de venir de cette variété française un peu pop comme pouvait la faire Louis Chédid, Alain Souchon ou Les Innocents plus récemment ainsi que d’une autre forme de chanson plus alternative comme le font toujours La rue Ketanou, Les ogres de Barback ou Zebda. Et j’aime les mélanges et le fait qu’on ne puisse pas trop me mettre dans un cadre précis.

Bien qu’artistiquement différents, vos trois albums se recoupent en un point, leur aspect très satirique. Vous vous attaquez énormément à l’hypocrisie qui règne en maître dans notre société. C’est un thème qui vous tient vraiment à cœur ?

Oui, ça me tient à cœur. Mais je n’ai pas l’impression de l’attaquer. Je n’ai pas non plus l’impression d’être toujours complètement raccord avec ce que j’aimerai être. Mais c’est vrai que je ne sais pas pourquoi on perd tant d’énergie à vouloir avoir l’air d’être des mecs biens entretenus avec rien qui déborde sur les côtés. J’aime bien les aspérités chez les gens et la patine dans les yeux. Ça nous rend plus supportables.

Où êtes-vous allé chercher vos références pour réussir à créer trois albums aussi différents sur la forme ?

En fait, ça me parait évident qu’on ne fait pas les mêmes chansons à 25 ans qu’à 35 ans. Quand j’ai écrit les chansons du premier album, je n’avais pas l’idée qu’un jour je ferai des concerts et des disques voire que je pourrai vivre de la musique. C’était totalement spontanée. Sur le deuxième album, en réaction au premier album, j’ai voulu faire un disque plus sérieux parce qu’au fond, ça ne m’avait pas plu d’être pris pour un rigolo. Et puis sur le troisième album, je me suis dit qu’il serait temps de faire ce que je voulais sans me soucier de la façon dont on pourrait interpréter ce que je pourrais dire ou chanter. C’est pour ça que sur le dernier album, il y a des chansons franchement mélancoliques, des chansons d’amour désuètes, des percussions brésiliennes, des guitares africaines, un morceau presque rappé et un menuet. Si tu veux que je te cite des groupes qui m’ont influencé sur le dernier album, il y a les Beatles, Baden Powell, Batlik, Vampire Week End, Mathieu Boogaerts, Les innocents, Nougaro, Brigitte Fontaine, Thomas Fersen…

Vous n’aimez pas particulièrement les moralisateurs non plus. Que leur conseilleriez-vous pour rendre le monde meilleur sans nous pomper l’air à chaque faux pas ?

Je me garderai bien de leur donner quelques conseils que ce soient. Et je les inviterai à boire un verre, voire douze.

Avez-vous reçu une formation musicale particulière pour en arriver là, ou bien est-ce avant tout un loisir ?

Plus je fais de la musique, plus j’aime ça. Après, je me forme en jouant régulièrement, en jouant avec d’autres musiciens ou essayant de me perdre un peu et en y arrivant parfois.

« Petit rasta » est tout de même passée sur les ondes tout un été ! Était-ce le titre que vous auriez aimé que l’on retienne du premier album ou au contraire regrettez-vous qu’il ait laissé certains autres sur le bas côté ?

A la base, on ne voulait pas mettre en avant ce titre mais ce sont les radios qui ont choisi. Et ce fût d’ailleurs ma seule chanson jamais diffusé sur les radios nationales. Et ça m’a permit de toucher un public beaucoup plus large que si « Petit Rasta » n’était jamais passé en radio. Alors, pas de regret si parfois certains m’ont pris pour un chanteur de reggae de droite. C’est le jeu ma pauvre Lucette. Les médias sont ainsi fait qu’il faut pouvoir être descriptible en quelques mots.

 

Vous en parlez quelques fois dans vos morceaux, vous considérez-vous comme un artiste maudit ?

Non. Pas du tout. Même si on a cumulé les malchances parfois. Et puis on ne sait jamais vraiment si quelque chose qui vous arrive est une malédiction ou une bénédiction. Toujours est-il que je n’ai pas particulièrement apprécié la médiatisation « importante » qu’on a eu sur le premier album. Parce que l’industrie de la musique, c’est pas joli-joli tous les jours et que j’aime bien les relations simples que j’ai aujourd’hui avec les gens qui viennent nous voir en concert. Même si j’aimerai bien être copain avec Michel Drucker pour être pris au sérieux dans ma famille.

Plus sérieusement, le chemin a été long entre « Ah si j’étais grand et beau » et « L’illégalité joyeuse ». Au fur et à mesure de votre parcours on sent une évolution. Comme si au début vous étiez prêt à changer le monde à coup de chanson, prêt à dénoncer avec humour. Maintenant l’humour est toujours là, mais empreint d’une certaine lassitude. Assez impuissant finalement à changer les choses. Est-ce un constat que vous avez vous-même fait ou bien une simple interprétation ?

Je n’ai jamais été militant dans l’âme. Je suis un contemplatif et je trouve que le monde est trop compliqué pour pouvoir avoir des avis définitifs sur les choses. Ça peut donner ce côté un peu désabusé dans les chansons. Mais je suis très optimiste sur l’avenir de l’homme. On est un peu branque mais on a un bon fond.

Rennes apparaît beaucoup dans vos clips. Musicalement, cette ville bouge beaucoup. Vous suivez un peu l’actualité musicale locale ?

Oui. Déjà, j’aime profondément l’âme de cette ville. C’est ma ville. J’ai des souvenirs accrochés à bien des coins de rues. Même si la ville est plutôt pop-rock dans son histoire, il y a des très bons groupes de chansons (comme Alee et Pierre C qui sont mes copains et que je vous conseille vivement d’écouter si ce n’est déjà fait mais aussi Ministère Magouille, Fatras ou Fannytastic…). Mais mon groupe préférée du moment, ce sont les Popopopops. Ils ont fait un super album et ils sont vraiment bons en concert.

Votre palmarès est déjà bien rempli, mais avez-vous d’autres projets pour l’avenir ?

Oui, je suis en train de créer un spectacle avec une danseuse et une violoncelliste autour de notre rapport à la norme et à l’étrange. Et sur des textes de 2 auteurs talentueuses. Hélène Nicolas et Véronique Truffert. Sinon, j’accompagne parfois un chanteur québécois au nom de Sébastien Lacombe. Je fais de la guitare façon mandingue sur ces chansons et je suis bien content car j’ai toujours rêvé d’être Ali Farka Touré. Et puis quand j’aurai emmagasiné suffisamment d’expériences de vie pour en faire des chansons, je referai un album.

Un message à faire passer ?

Aimez moi les uns les autres.

http://monsieurroux1.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/pages/Monsieur-Roux/41692214720?fref=ts

Propos recueillis par Baptiste Pierrard

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