« L’Héritage » de Michaël Terraz

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Après « Le Réserviste » nous nous sommes penchés un peu plus sur l’univers du cinéma indépendant. Mais cette fois-ci c’est vers un tout autre style que nous avons porté notre regard, en la présence de « L’Héritage », réalisé par Michaël Terraz. Gagnant de nombreux prix, et notamment de celui du public à la dernière édition de Court-Métrange, « L’Héritage » nous conte en l’espace d’une vingtaine de minutes l’histoire d’un homme veuf et de ces deux filles venant d’hériter d’un lugubre manoir… Pour un meilleur regard critique nous l’avons regardé à deux, et voici donc notre avis sur cette perle fantastique à souhait.

Avant de parler de la forme (et il y en a des choses à dire), parlons quelque peu du fond. Il ne s’agit pas là de vous dévoiler le scénario mais de vous planter quelque peu le décor. Nous sommes en face d’un véritable court-métrage fantastique, c’est le moins que l’on puisse dire. Le départ est simple: Augustin (Axel Kiener) apprend qu’il hérite d’une maison et part à sa découverte accompagné de Camille (Charlie Loiselier), sa fille ainée, et de Méline (Jeanne Dauny), la plus jeune. Il pleut des cordes, l’orage gronde, Augustin s’énerve au volant contre ses filles et sort de la route. Heureusement rien de grave, la maison est à côté. Accueillis par la gardienne (Sarah-Laure Estragnat) de ce lieu sordide et remplis de peintures étranges, ils partent se reposer dans leur chambre. Augustin, peintre, regarde ses filles dormir et dessine le portrait de l’une d’elles. Une fois endormi, les peintures accrochées aux murs s’éveillent, absorbant le portrait de Camille et la petite fille avec… On ne vous en dira pas plus.

Attardons-nous maintenant sur la réalisation. Michaël Terraz nous livre ici sa première fiction fantastique et le pari est largement réussi. La première chose frappante réside dans l’esthétique du film. Le jeu de couleur est absolument magnifique, alternant avec subtilité et efficacité les ambiances, entre jaune, gris et vert. Chaque couleur ayant sa correspondance scénaristique, nous transmettant ainsi énormément d’émotions.

La musique a également joué un rôle majeur dans le court métrage. Totalement conductrice des tensions présentes et pesante à souhait, elle est distillée sans trop de parcimonie et atteint son apogée dans les moments clefs. Sans être très originale pour autant, elle fait bien son travail, et c’est ce qu’on lui demande.

Mais l’originalité du film réside à la croisée des mondes entre animation et réalité, lorsque les peintures prennent vie pour absorber le réel. Si cette scène est sans aucun doute le pilier centrale du court métrage, c’est grâce à une animation d’une grande qualité et surtout peu commune. A ce moment là, nous ne regardions pas le film, nous étions dedans, nous étions dans la peinture. Un passage nous faisant penser aux vieux contes de notre enfance, le tout accentué par Méline, qui porte toujours ses ailes de petite fée. En bref, une scène majeure et magnifique dont on se rappellera pendant un bon moment.

     Pour nos premiers pas dans le monde du court-métrage, nous avons eu de la chance avec « L’Héritage », que l’on ne peut que trop vous conseiller. Un très bel essai pour Michaël Terraz et l’on espère vivement qu’il le transformera à l’avenir.

 

Ecrit par Thibaut Morla et Baptiste Pierrard

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