Jessica93, la rencontre !

     Nous avons rencontré l’étoile montante de la cold il y a quelques mois à l’occasion de son passage au Grand Sommeil. Nous avons eu la chance de pouvoir lui poser quelques questions que l’on vous retransmet ici avec grand plaisir. Allez, on laisse le diable parler !

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Photo : Camille Collin

Comment en es-tu arrivé à ce projet?

À force de monter des groupes, on se rend vite compte qu’il y a toujours une personne qui ne peut pas venir aux répétitions, seul c’est plus simple pour monter son truc, ses sons… C’est surtout par soucis de confort en fait.

D’où te viens ce pseudonyme de Jessica93?

C’est venu de pleins de blagues à la con et de délires entre potes. Jessica93 ça fait mélange entre le routard et la blase msn, pour un trentenaire ça faisait assez pathétique et ça me plaisait!

Musicalement on a un peu pensé à Pornography des Cure, personnellement quelles sont tes références?

Les Cure en font partis, j’ai aussi beaucoup écouté d’indi rock américain, de grunge, de post-punk…

Pas mal de métal aussi, c’est un peu un mix de tout ça. Pour moi la musique si je la trouve assez satanique c’est bien, il faut qu’elle vienne du diable! (rire)

On sait que tu es présent sur trois labels, Teenage ménopause, Music fear Satan et Mon cul c’est du tofu, aujourd’hui quel est le rôle d’un label pour un artiste indépendant?

Je pense que c’est surtout pour la diffusion et pour la visibilité du groupe. Pour le premier album j’ai eu quelques labels de potes à essayer de m’aider, mais pour celui là (Who cares) on a fait en sorte que le disque soit visible. On a maintenant plus de mondes aux concerts et c’est plutôt agréable.

Comment as-tu réussi à insérer un morceau doom sur un album résolument cold wave?

C’est exactement ce que je disais, je cherche pas à avoir un style, je me prends pas la tête. Je n’avais pas l’impression de faire de la cold wave avant que les gens ne me le disent. Je peux très bien faire une chanson métal, doom, cold wave… C’est surtout en fonction du matos que j’ai en fait!

En quelques mots essaie de nous décrire ton album et ce qu’il représente pour toi.

C’est la suite logique du premier. J’ai essayé de faire des chansons plus courtes pour pouvoir en caser plus. Une suite logique, une ouverture je sais pas… Moins personnel peut être mais c’est aussi une année de ma vie, et ça se ressent dans les chansons qui en sont marquées.

C’est Who cares qui t’a ouvert au grand public, mais tu as des projets parallèles. Qu’en est-il de Miss Fist, Besoin Dead et les Louise Mitchel?

Miss Fist on continue, on est en train d’enregistrer un disque même si on ne fait pas beaucoup de concerts. C’est un projet qui me tient à coeur, on avait envie de faire un truc en dehors de toute norme, de la « musique impossible ». Pour Besoin Dead et les Louise Mitchel j’ai arrêté cette année.

Quels sont tes projets pour Jessica93?

De continuer les concerts, de tourner le plus possibles. Je suis déjà en train de composer pour un prochain disque. Je participe également à plusieurs compiles… Et puis voilà, je suis en pleine tournée! Oui je suis encore en forme! (rire)

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Il y a un clip de Away, il est de toi?

Oui, on avait trouvé des VHS dans la rue et on a en a pris une qui s’appelait « Echographie de Paulette » où un nom comme ça, on l’a projeté sur un mur et je me suis filmé à danser devant comme un con et voilà! (rire)

Pourquoi as-tu choisis ce visuel pour la pochette de Who Cares?

C’est une photo prise par ma copine, on avait trouvé un pochon de crack et elle l’avait pris en photo. Je cherchais un visu, je galérais un peu et je suis retombé sur cette photo et je me suis dis que ça collait bien avec l’ambiance, ça fait partie de l’histoire de cette même année.

C’est vrai que le visu a joué un rôle très important pour nous!

C’est l’effet du crack ça! (rires)

Tes prestations scéniques font très urbaines, presque apocalyptiques, comment expliques tu cela?

Alors là, y a aucun calculs, c’est venu avec le temps. C’était un projet fait pour le live à la base, pour dépanner quelques potes et tout est venu au fur et à mesure. Pour le jeu de scène je me sens un peu gauche, je danse jamais mais j’essaie de ressentir le truc, je danse n’importe comment!

Il faut rappeler que tu es un one man band, comment procèdes-tu pour composer tes morceaux?

Y a plusieurs méthodes. Généralement je commence par le rythme et après j’avise, j’essaie des trucs. Je suis un peu en roue libre, j’essaie et je vois si ça marche ou pas. Si je peux écouter une boucle pendant une heure sans qu’elle me fasse chier je garde! Je suis pas trop cérébral niveau musique, je me prends pas la tête, il faut que ça aille vite. Et en plus j’ai arrêté le bédo. (rire) Si ça m’énerve je laisse de côté et je passe à autre chose!

Tu as repris St James infirmary blues d’Abner Jay, comment t’es venu l’envie de reprendre ce morceau qui est assez folk traditionnel?

J’ai découverts ça via Mississipi Records qui fait des rééditions de vieux morceaux blues, punk ou même d’Afrique un peu traditionnel. La première fois que j’ai entendu Abner Jay c’était I’m so depressed, j’étais dans la voiture aux USA et je suis directement tombé amoureux. Du coup je suis allé un peu chercher et voilà. Ce sont des morceaux qui laissent vraiment place à la libre interpétation. Et puis ça me tenait à coeur car c’est un bluesman assez peu connu et je trouvais ça important de parler de lui.

Tu as eu une formation musicale particulière?

Non, je suis autodidacte! J’ai commencé vers 14 ans la guitare puis j’ai tâté un peu de tous les instruments. Je me suis pris de passion pour la musique je sais pas trop comment, ça m’est tombé comme ça sur le coin de la gueule! Basse, guitare, batterie… Mais tout le temps seul. Si à 5 ans on m’avait appris le piano, aujourd’hui je ne ferai pas de la musique. Avoir un professeur qui te cadre…j’ai horreur de ça! Et puis ça permet de développer une certaine oreille en apprenant seul. Je conseillerai à tout le monde d’apprendre seul, à sa manière, qu’avec un professeur qui te bride.

Si tu veux parler de groupes qui te tiennent à cœur, c’est le moment.

Il y en a tellement, il faudrait que je me fasse une liste (rire)! Les Head War de Amien, Don Vito en Allemagne qui cartonne… Des groupes qui tournent en France y en a à foison. Y a vraiment moyen de jamais s’ennuyer en ville!

Un mot à faire passer?

Et bien comme dirai Anton Newcombe, c’est même le nom de son label, « Keep music evil » !

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